Nicotine, goudron, acétone, ammoniaque, arsenic, acide cyanhydrique, toluidine, uréthane, phénol, butane, dibenzacridine, toluène, polonium, styrène, DDT, plomb, mercure, monoxyde de carbone, benzopyrène, chlorure de vinyle, cadmium, pyrène, naphtylamine, naphtalène, dimethylnitrosamine, acroléine, acétaldéhyde… La liste de produits toxiques aux appellations très savantes entrant dans la composition des cigarettes est déjà longue. Pourtant un élément supplémentaire inattendu vient s’y ajouter et dans des proportions non négligeables : le sucre. On compte près de 10 % de sucres dans un tabac à rouler et 37 % dans un tabac à narguilé.
En effet, le magazine 60 millions de consommateurs, en partenariat avec le Comité National Contre le Tabagisme (CNCT) a effectué un test alarmant sur la composition des tabacs et en a publié les résultats dans son mensuel en date de novembre 2011. Le CNCT affirme que la composition des tabacs « facilite chez les jeunes le passage du goût sucré du bonbon à la cigarette ». Le magazine accuse l’industrie du tabac de viser un public jeune. En effet, le tabac à rouler est fortement consommé par les adolescents et jeunes adultes du fait de son coût inférieur à celui des paquets de cigarettes. Sans compter la dépendance que le goût sucré engendre aussi.
Pour 60 millions de consommateurs, « Les arômes (de vanille ou autres), les sucres et les édulcorants adoucissent le goût du tabac. Parce qu’elles agissent sur les sens, ces substances favorisent-elles aussi la dépendance ? En 2004 déjà, des chercheurs se posaient cette question à propos des cigarettes mentholées, dans un rapport public par l’Inserm [Institut National Scientifique d'Etudes et de Recherches Médicales]. Mais les études menées à ce jour donnent des résultats contradictoires. Par ailleurs, des travaux de l’équipe Inserm/CNRS [Centre National de la Recherche Scientifique] de Jean-PolTassin suggèrent que ce serait l’association du sucre à la nicotine qui créerait la dépendance. Une hypothèse qui fait toutefois bondir nombre de tabacologues. »
L’hypothèse est d’autant plus alarmante que ces dernières années des cigarettes et autres produits du tabac aux arômes de confiserie ont fait leur apparition. Les conclusions de l’enquête demandent un encadrement de l’ensemble des produits du tabac aromatisés. Actuellement, seul un décret réglemente plus strictement l’ajout d’arômes de vanille et d’édulcorants dans les cigarettes uniquement. Reste le tabac à rouler, à pipe, narguilé et ciguarillos… Le sucre, stratégie marketing pour l’industrie du tabac ?